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10 septembre 2006

Chronique télé radio :: Le vrai journalisme

medium_laurencef.jpgJ’ai regardé tout à l’heure la rentrée de Laurence Ferrari sur « Canal » (oui, vous avez remarqué, l’insistance avec laquelle Lolo –appelons-la Lolo- se dit si bien sur « Canal », parce que « nous » à « Canal », on est tellement une famille) j’ai donc regardé Lolo Ferrari sur Canal plus, ce dimanche, dans Dimanche + (admirez toute l’inventivité mise en œuvre pour trouver le titre) et le moins que l’on puisse dire est qu’on remarque le transfert de la présentatrice arrivée de TF1.

Evidement, la chose ne pouvait pas nous échapper tant le couple Hugues-Ferrari, ex jokers de l’info de TF1, s’est exposé depuis le printemps dernier et la placardisation de gentil Thomas au profit de l’opération « mais-non-TF1-n’est- pas-raciste-la-preuve-on-prend-un-remplaçant-issu-des- minorités-visibles ». Gentil Thomas et gentille Lolo avaient alors décidé de quitter le groupe de maçons pour bâtir un avenir meilleur ailleurs. En l’occurrence dans le groupe branchouille-et-irrévérencieux, Thomas-mon-amour, rebelle sans cravate et sans raie sur le côté sur I-télé, et Lolo-mon-cœur, re-belle sur « Canal ». Une nouvelle idylle professionnelle encore plus heureuse.

Alors au cas où cela nous aurait échappé, ce fut jeudi dernier deux heures d’auto-promo pour Lolo et Dimanche + dans le Grand Journal de Denisot, avec Thomas-mon-cœur en duplex de sa nouvelle rédaction pour Lolo-mon-amour qui averti au passage la gourdasse de la météo qu’il faut qu’elle arrête d’ouvrir son décolleté devant Thomas-SON-amour.

Et enfin, la voilà.

Et c’est hallucinant : certainement en prévention des réticences des personnels du Canal historique hostile à une intrusion d’un produit TF1, ils lui ont perché son plateau en l’air, hors de portée humaine. Je vous jure que c’est vrai, elle s’accroche à sa table en équilibre à plusieurs mètres du sol (au moins trois mètres, soit l’équivalent de deux Pujadas les bras levés), on le voit très bien sur les plans larges de Renaud le Van Kim, hallucinant, je vous dis. Je ne sais pas si elle doit grimper une corde à nœuds ou si on la dépose en hélicoptère, mais impossible pour Gaccio de la faire chat-minou, elle est perchée.

Mais pour être honnête, l’émission se distingue aussi par son originalité. Non, non, pas de sarcasme de ma part, vraiment, Ferrari est incisive ce qu’il faut, ne se laisse pas piloter par les politiques qu’elle reçoit et mène ses interview avec respect mais d’une main de fer pour obéir à la promesse de l’émission : expliquer et lever le filtre de la communication qui brouille la vérité entre les hommes et les femmes politiques et les pauvres pommes d’électeurs que nous sommes. Format : un invité spin-doctor et un invité politicien. Ce fut pour cette première le communicant de Sarkozy, apparu comme l’incarnation du mot démagogie, et Dominique Strauss-Kahn, qui accepta de jouer le jeu dans une interview claire, juste et sans concession, mais pris au piège, lui aussi, de l’esbroufe de la communication politicienne. Vous allez voir la perle, calibrée Zapping. On vit ainsi l’ancien ministre dans un reportage demander deux CD au disquaire dont « Zidane il a marqué », « pour [son] petit fils », sinon, je ne peux pas rentrer à la maison plaisanta-t-il. Et hop, explication un peu plus tard, dans un flash back où les journalistes de Dimanche + attendaient DSK dans le couloir de l’immeuble où il a son bureau, micros ouverts, un conseiller du candidat à la candidature lui chuchote de les emmener à la Fnac et de demander « Zidane il a marqué » pour son petit fils. Sûr, ça fait peuple. Mais manqué, on a tout balancé. En plateau DSK assume gentiment d’avoir été pris la main dans le sac de la communication politicienne. Première de Dimanche +, le ton est donné, ‘faut pas se moquer de gentille Lolo, DSK peut essayer de faire peuple, on ne la lui fait plus.

Allez, très, très bon dimanche, à Sarcelle ou dans le seizième arrondissement. 

09 septembre 2006

Chronique télé radio :: Aparté au mégaphone

medium_en_aparte_canal_.pngJe voulais regarder hier soir la première de Ruquier –qui remplacera désormais Ardisson le samedi soir en deuxième partie de soirée sur France 2- et je me suis trompé. J’avoue avoir hésité dans un premier temps, en tombant sur France 2, puisque manifestement la chaîne avait décidé de nous mettre dans le ton une semaine avant l’arrivée de « on n’est pas couché » en diffusant un spectacle de Jean-Marie Bigard, comme pour adresser une promesse d’humour potache, fin et bon enfant. J’ai donc regardé le sketch du lâcher de salope avant de m’en apercevoir : Laurent Ruquier n’arrivait pas. Ni même Annie Lemoine ou Steevy. Non, Bigard était seul. Vous connaissez le peu de goût que je porte, fils de famille modeste, pour la culture à la télévision, j’ai donc éteint mon poste pour écrire ma chronique, m’apercevant que j’avais totalement oublié de vous parler de la rentrée de « En aparté » sur Canal plus.

Et ç’eut été une grave erreur tant l’émission de Pascale Clark, désormais diffusée quotidiennement en direct, a connu des modifications.

Tout d’abord un petit rappel, le concept de l’émission est une interview, ou plutôt une discussion informelle au cours de laquelle l’invité déambule seul dans un décor d’appartement, on essaie d’effacer les codes traditionnels de la télévision, poussant la création d’un espace d’intimité jusqu’à supprimer le présence de l’animatrice, qui communique avec son invité dans le creux de son oreille par le biais d’un oreillette. Une projet anti-télévisuel par définition qui ravissait ceux qui jugent ses codes rigides, et réussissait, c’est vrai, souvent à créer une conversation comme on en verrait nulle part ailleurs à la télévision tant le dispositif réussissait à entraîner l’invité et nous même dans un espace extra-télévisuel, presque intime.

Eh bien, en cette rentrée, l’intimité de Pascale Clark est pour le moins très visitée. Out l’invité tout seul à l’oreille duquel murmure l’ex plus belle voix de France Inter, il est désormais accompagné d’une armada de chroniqueurs et autres resquilleurs, comme dans toutes les autres émissions de télévision, à cela près que finalement la seule à ne pas s’incruster est… l’animatrice.

Alors qui vient violer ces doux moments que nous partagions à trois (chacun de nous étant le troisième, le voyeur), qui se permet de venir salir de ses gros godillots l’épais tapis de l’appartement ? Que du beau monde, vous allez voir, discret, subtil, voire raffiné, puisque par exemple le très modeste et très peuple écrivain Nicolas Rey qui écrivait, je cite « Ecrire est un métier aussi dégoûtant qu'un autre. Un métier où plus personne n'a le choix. Il faut aller aux signatures. Il faut faire semblant d'écouter les gens qui te parlent de tes livres sans tirer à balles réelles sur qui que soit », Nicolas Rey, donc, vient nous expliquer ce que c’est la culture et ce qu’il faut lire ou aller voir. Les journalistes d’I-télé eux aussi ont décidé de quitter les locaux de leur chaîne pour élire domicile dans l’appartement pour faire le journal de la mi-journée (c’est pas possible, ils doivent avoir mis des strip-teausers(ses) entièrement nus et oints de Nutella et distribuant des liasses de billets de 500 en sifflant dans des appeaux spéciaux). Mais l’intrusion la plus improbable dans l’appartement est certainement celle de la très distinguée Mademoiselle Agnès –ex-gourdasse météo de « Nulle part ailleurs » reconvertie en spécialiste mode depuis que Canal plus est morte. Comment vous décrire cette femme… disons qu’au grand classement des personnalités classe, elle se trouve juste derrière Xavière Tibéri (et son rouge à lèvre sur les dents) et Carole Rousseau (l’animatrice de l’émission où une femme vient dire à son mari qu’elle le quitte car il est devenu paraplégique), et loin, très loin de Kristin Scott-Thomas. Le jour de sa première, Mademoiselle Agnès nous a présenté pour sa chronique « Art de vivre » la nouvelle chose tendance dont chacun doit se prémunir : la culotte faux fessier qui ferait le cul d’un éléphant à n’importe quelle anorexique de chez Chanel. D’un sens, présenter un faux-cul le jour où l’invité est Arnaud Klarsfeld –qui je vous le rappelle, nommé par Sarkozy, avait promis qu’on n’expulserait pas les gamins de Cachan… avant de les mettre dans des charter- franchement, je me demande si Mademoiselle Agnès ne tentait pas la subtilité.

Allez, très, très bon week-end, avec ou sans fausses fesses (parce qu’après tout, on n’est pas obligé, en vrai).

06 septembre 2006

Chronique télé radio :: Un Pernaut, sinon rien

medium_2006tf1_plato_jt_large.jpgUn mot aussi sur le décor des JT de TF1, qui a changé aussi, alors là, c’est subjuguant, ils donnent le même plateau à Pujadas, il se perd. Le plateau fait un peu plus de cinq hectares, ils ont ajouté des tables en forme de gouttes de trente mètres de part et d’autre du traditionnel desk en triangle. Un écran géant aussi, à droite du présentateur comme sur France 2, et qui y est tout aussi utile, et puis, dans la course au moderne, au hi-tech-coco, tous les fonds du décor sont… des fonds neutres, comme pour la météo, et comme à la télé albanaise de la fin des années 70. M6 avec le 12.50 avait chouré l’idée du décor à Roger Giquel il y a 35 ans, et voila que la première chaîne de télévision d’Europe pille les cerveaux des décorateurs de BFM-TV, en revisitant le décor tout en toc. De là à faire un parallèle avec le traitement de l’info…

Et puis même pas de grande arche… mais notre panda préféré, JPP, Jean-Pierre Pernaut qui revient, visiblement pas à son aise au milieu de ses cinq hectares, dès le lendemain, mardi, il se sentira à nouveau plus dans son environnement dans son traditionnel cadrage serré au ras de la tête. Grands changements éditoriaux aussi, puisqu’on a changé l’effet de transition pour passer de la bobine réjouie du Jean-Pierre au premier titre de la journée, la météo, visiblement immuable avant les sujets d’investigations sur la rentrée des tout-petits, les impôts, les PV, et un concours de crachat d’olives, suivi d’une promo maison pour l’œuvre d’un staracademycien.

On attendait les révolutions des décors des plateaux de JT, et finalement, ce qui nous avait le plus manqué, c’était notre petit panda.

Allez, très, très bonne soupe, avec ou sans Pernaut.

Et puis pour ceux qui n’en auraient pas dormi, le record du crachat d’olive, c’est 21,32m.

05 septembre 2006

Chronique télé radio :: Révolution

medium_2006f2_nouveau20h_large2.2.jpgUn mot sur le nouveau plateau du 20 heures de France 2, jugé depuis cinq ans « mal vieilli » par David Pujadas.

Alors, pour être mesuré, on pourrait dire qu’il est pompé sur l’ancien décor de LCI, version fin des années 90, avec du bois foncé sur la table et un fond dans les bleus foncé, type RPR époque Alliot-Marie, résolument moderne, donc, mais pour être plus évocateur, ce décor paraît avoir été racheté à une CNN albanaise dans les années 1980.

Si, une nouveauté, un écran… alors je ne sais pas s’il est « géant » ou juste « moyen », j’attend de voir le journal présenté par Béatrice Schönberg pour avoir un meilleur étalon de mesure que David Pujadas. Une autre nouveauté, une grande arche, hors cadre, au loin, au dessus de Pujadas, sinon, la « révolution » dans l’habillage (les trucs qu’il y a écrit sur l’écran, genre, Jean-Claude Michu, éleveur de porcs à Jagneux-les-Gourdasses) est une révolution… socio-démocrate, deloriste, voire balladurienne, je m’explique, il est similaire au précédent, tout juste le logo France 2 a-t-il pris un peu de rouge. Le logo. Sinon, pas de gadget type bonjour-j’ai-laissé-la-cravate-au-placard-et-je- commence-les-titres-debout-pour-motrer-que-je-suis-pas- un-ringard, il faut dire, que pour faire grimper David Pujadas sur sa chaise, deux stagiaires sont nécessaires –non, là, je suis sarcastique, gratuit et lourd.

Le nouveau décor du bunker du JT de France 2 comporte une table, une chaise avec un présentateur, une autre avec un invité, des fonds bleus, et une grande arche mais sans koalas ni éléphants, alors, bon, la grande arche…

Allez, très, très bonne rentrée, avec ou sans révolution.

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