17 octobre 2007
Revue de presse :: Mal aimer tue
A l'heure où croupissent encore aux alentours des abri-bus de Gare de l'Est des voyageurs plus fatalistes et résignés et moins impatients que ma petite personne à attendre un bus de nuit comme d'autres attendaient Godot, me brûle les index de vous narrer une trouvaille dans le "Libé" de la veille, feuilleté avec lassitude sur la banquette arrière d'un indigent taxi même pas de marque allemande (la voiture) et assez cuistre (le chauffeur) pour tenter de me faire avaler que Magenta - Nation, par Hôtel de Ville, c'est mieux pour autre chose que son portefeuille d'escroc plein d'une roublardise que n'oserait emprunter le plus grossier des vendeurs de meubles de la banlieue pavillonnaire grenobloise et boursouflé de la suffisance du con obstiné dans les plus insondables profondeurs de sa navrante et hasardeuse malhonnêteté.
A 4 heures vingt de ce matin, donc, une information retient toute mon attention. Je vous la livre telle que je l'ai trouvée, comme on le fait pour les toilettes du pallier du 5°.
"Les couples mal assortis se font du mal. Et c'est le coeur qui souffre le plus, d'après une étude britannique menée pendant 12 ans auprès de 9011 fonctionnaires."
Ca commence comme ça. Intriguant, n'est-ce pas? Vous noterez déjà l'incongruité de s'intéresser à la vie sentimentale de tout un tas de fonctionnaires rouquins pendant une douzaine d'année. "9011" c'est pour être sûr qu'on aura toujours des chiffres après la virgule, ce qui est gage de sérieux pour le lecteur intéressé par l'enquête - et a fortiori pour le financier de celle-ci. Poursuivons notre lecture.
"De mauvaises relations conjugales engendrent du mauvais stress qui accélère le rythme cardiaque. Résultat : les mal-mariés auraient 34% de risques supplémentaires de faire un infarctus que ceux qui sont heureux en couple."
Et de conclure : "Divorcer pour éviter le pacemaker, ça c'est de la prévention."
Je vous imagine, cher lecteur, extatique ou hilare à la contemplation du sérieux et de l'utilité d'une telle enquète.
Nonobstant, et par égard pour nos amis chercheurs d'outre shuttle, il me vient à l'idée de considérer la nouvelle dans notre actualité.
Comme tous les jours depuis une bonne semaine, Cécilia Sarkozy (voir posts précédents) devrait annoncer tout à l'heure - peut-être déjà lorsque vous serez levé - sa démission du poste de première dame de France grunge.
Rumeurs et informations de l'actualité de ces deux dernières années nous laisse à penser que peut-être le couple présidentiel - enfin, le Président et sa femme - ferait aussi bien, eût seulement égard à la délicatesse de la continuité de l'Etat lorsque sa tête est menacé d'une crise cardiaque (notez que c'est assez incongru), de s'en tenir là et se quitter bons copains. Même si le Président croit plus aux vertus de la répression qu'à celles de la "prévention".
Non, monsieur, passer devant l'Hôtel de Ville n'est pas du tout la garantie d'un parcours plus apaisant.
04:25 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mathieu Sicard, Revue de presse, Chronique, taxi, Libération, infarctus, couple
16 octobre 2007
Revue de presse :: Le nouveau "Libé"
Depuis hier, je reçois un nouveau journal dans ma boîte à lettres, "Libé" 4° ou 5° ou 6° du nom, je ne sais plus. Je sais qu'il y a eu "Libé" tout court, au début, propulsé par des intellectuels de gauches dans les années 60. C'était alors le journal d'une certaine insoumission au pouvoir gaullien, un journal d'une génération qui se rêvait un avenir meilleur. Je sais que "Libé 2" s'en est affranchi et que "Libé 3" était le fantasme de son directeur de la rédaction ex-marxiste néo-réac qui voulait un journal encyclopédique de 80 pages et qui obtint un bide. Non seulement le prix du papier vouait le projet à l'échec en quelques années mais pis, les lecteurs s'étaient barrés.
Pourtant, le volume du lectorat du début des années 90 fait aujourd'hui rougir tous les quotidiens. La presse gratuite, le web, leurs ergonomies attractives et leur gratuité bien sûr ont mis à mal des institutions qui se préoccupent aujourd'hui de survivre. Las! elles ont été les premières à offrir leur contenu à l'oeil sur internet, hasardant une complémentarité et espérant l'occasion de retombées publicitaires.
Cette logique définitivement admise, certains titres se sont mis, après les avoir vilipendés, à investir et même à créer des gratuits.
Ce n'est pas le cas de "Libé" pour revenir à nos moutons. Sans arrière pensée. Quoique. Le quotidien de centre gauche fait peu à peu sa révolution éditoriale en même temps que capitalistique. La maquette s'aère et s'ouvre au formats "accessoires", sur le modèle des gratuits. Connaissez-vous le dévidoir à papier chiotte pour gnards? ça, ça intéresse "les gens", et n'oublies pas d'écrire la marque. Les sondages sont de la connerie en barre? demandons son avis à Mme Michu. Et bien sûr, si vous aimez le Sudoku...
"Libé" a eu récemment des initiatives originales, comme son talentueux et très actuel supplément "Ecrans", mort-né au profit d'un autre, "tendances", plus appêtissant pour les annonceurs. Connasses habillées par Truc ou Bidule vendues avec à la tonne.
C'est ça le truc, le nouveau "Libé" a autant de pages pub qu'un gratuit et il perd peu à peu de son supplément d'âme.
Comble du dégoûtant, le journal qui avait déjà diffusé une publicité stigmatisant la fraude à la ratp remplace aujourd'hui son portrait de dernière page par une lettre de Leclerc (le monsieur du supermarché) à Sarkozy, dans laquelle l'industriel demande son aide au Président la république afin de "tenir [ses] promesses".
Le jour où "Libé" titre en Une et en lettres géantes "Les Français veulent des médias IN-DE-PEN-DANTS!"
Ni dieu ni maître?
17:05 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Mathieu Sicard, chronique, revue de presse, Libération, Libé, nouveau, nouvelle formule
20 juin 2007
Chronique télé radio :: Madame, monsieur, bonsoir...
J’ai regardé ce soir le journal de 20h de TF1. Et je ne pouvais pas ne rien en dire. D’abord parce que c’était exceptionnel, avec actu en 10 minutes et trois quart d’heure d’entretien du Président de la République. Le Président de la République. Je ne sais pas vous, mais moi, je pense toujours à Chirac. Un réflexe. Il faut s’habituer. Et puis je n’allais pas louper cet entretien alors que le teaser sur le site de TF1 était alléchant puisque la vidéo de l’interview était titrée « Sarkozy et la partie la plus confortable de son anatomie ».
Une heure entière de direct à l’Elysée, oui madame, dans les beaux salons dorés de la République. Et en « exclusivité », donc, sur TF1. Sur TF1. Il parait qu’Arlette Chabot s’est retirée en pèlerinage à Romorantin et que David Pujadas a fait l’acquisition d’une corde et d’un escabeau. Oui, pas un tabouret, il est pas très grand Pujadas. Tiens, sans transitions, j’ai remarqué un truc, c’était épatant, tous les meubles de l’Elysée ont été sciés. Je vous jure que les pieds des fauteuils et du bureau ne dépassaient pas 30 centimètres. Poivre avait les genoux au niveau des yeux.
Pour parler un peu du fond, je voudrais féliciter Alain Peyrefitte pour sa nomination à la direction de la rédaction de TF1. Je ne l’avais pas su, mais je l’ai aussitôt deviné en voyant Poivre et Chazal à l’Elysée plutôt qu’à TF1. Et puis les Church brillaient. Claire Chazal, ex-Balladurolâtre, en extase devant Sarkozy après 12 ans d’occupation chiraquienne. D’alternance, en somme. Et un Président rassembleur, pragmatique (c’est le mot intelligent pour dire politique de comptoir) et dynamique ! Un sportif, ce Président ! Tellement qu’il nous a gratifié d’un beau lapsus. S’essayant au Latin, ça a été plus fort que lui, il a dit refuser les attaques « ab dominem ».
Le Président nous a aussi offert une autre approximation sonore. Lorsque Chazal l’interrogeait sur la réforme des institutions et le problème de la nécessité de l’unanimité pour les décisions entre pays européens, le souvenir raide du « non » à la constitution, encore douloureux, le Président ajoute (pendant que Chazal parle encore), « Et puis il y a la double pénétration, aussi ! ». Gros blanc. En fait, il a dit la double pondération, mais à deux voix, je vous jure, que c’est pas mon esprit pervers, on a entendu autre chose.
Un dernier accroc aussi, avec Poivre, cette fois, qui a décrit son arrivée au G8 comme « un petit garçon entrant dans la cour des grands ». Sarkozy, glaçant, a apprécié la remarque « aimable » et, piqué, remet le présentateur à sa place, contraint à l’allégeance. Là, je vous jure que c’est vrai, Poivre lui a fait un doigt d'honneur.
Ah, pour la « partie la plus confortable de son anatomie », Nicolas Sarkozy voulait parler de ses fesses. Comme ça, on le sait. Et puis on n'est jamais si bien servi que par soi-même. Encore que...
Très, très bonne fin de semaine à tous, confortablement installés ou pas.
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07 mars 2007
Chronique télé radio :: On n'a pas tous les jours 20 ans
J'ai regardé l'autocélébration de M6 pour son anniversaire. Ce fut une édition spéciale d'"On ne peut pas plai..." de "Tout le monde en..." non, de "On n'est pas couchés". Enfin de "T'empêches tout le monde qui en parle de dormir parce qu'il est pas couché". Autant dire tout de suite que je n'ai pas été déçu. Que des stars, et une ambiance de folie. Enfin, c'est normal, quand même. On n'a pas tous les jours 20 ans.
Premiers invités sur le plateau, Christian Blachas, Benjamin Castaldi et Emmanuel Chain, venus déposer leur CV, d’ailleurs la première chose qu’a faite Benjamin, c’est de chourrer la place de Fogiel, mais finalement c’était pour dire… au revoir. Un peu rancunier, quand même, d’avoir été privé de « Nouvelle Star » alors qu’il se barrait pour TF1.
Ça, ça vous fout une ambiance terrible pour une fête d’anniversaire.
Alors, là, Fogiel se dit qu’il faut repartir sur les chapeaux de roue, lancer une soirée endiablée wouaw-coco, il lance donc le premier événement, un duplex avec le héro de « Prison break », en direct de Dallas. Bon, je me souviens même pas de son nom, mais il paraît que c’est LA star interplanétaire… En tout cas, Fogiel mise tout dessus pour sauver l’ambiance. Mais il aurait dû aussi investir dans une ligne téléphonique convenable, parce que par Skype (le téléphone gratuit par internet), La-Plaine-Saint-Denis – Dallas, ça faisait des blancs de 20 secondes entre les questions et les réponses. Enfin, les questions, disons la question, puisqu’en situation d’incommunicabilité, chacun a fait sa vie de son côté. Castaldi s’est foutu de la gueule de Fogiel et son duplex à 14francs 60, Fogiel, vexé s’en est pris à lui, Blachas s’en foutait, il dormait toujours, Chain essayait encore de caser une promo sur son salon de la télé, et puis l’acteur, à Dallas, dont tout le monde se foutait finalement sur le plateau, il continuait, tout seul, dans sa moitié d’écran, à répondre aux questions d’auto-promo pour sa série. Sur la fin, on ne le traduisait même plus. Il était raisonnable de s’en tenir là. Fogiel s’est souvenu qu’il présentait une émission en direct. Il s’en tint là.
Alors ensuite, le conducteur n’aidait pas, c’est vrai, à créer une ambiance d’anniversaire, puisque M6 a fait venir le sémillant Michel Drucker pour parler de son frère jean, l’ancien président décédé de M6. Bon anniversaire M6. Mais même dans un moment comme celui-là, Michel Drucker s’est illustré en vrai vedette de télé « il [son frère] me demandait beaucoup de conseils », une société qu’ils auraient pu construire ensemble « ça aurait eu de l’allure »… Même en exhumant son frère, Michel Drucker a, lui aussi, trouvé le moyen de valoriser son CV. C’est une manie.
Retour à la fête, ce fut le moment de se souvenir du « Loft », avec des invités exclusifs : Christophe et Julie. Quoi ? Mais si, Christophe et Julie. Ils avaient ensuite présenté une émission sur RFM TV. Quoi ? Mais si, RFM TV. La télé de la radio qui diffuse Hélène Ségara. Quoi Hélène Ségara ? Oh, merde.
Bon, pour balayer ce –surprenant- flop, il était temps de recevoir une vraie star. Marc-ol a donc demandé d’acclamer la comédienne qui jouait (accrochez-vous) la fille des épiciers du village proche de chez les Ingalls de la « Petite maison dans la prairie ». Là, c’est peut-être pas utile que j’en rajoute. En plus, la petite fille, elle a pris 50 piges dans la gueule. Non, je suis méchant, la comédienne semblait très sympathique. Et puis ce fut l’occasion pour que Benjamin Castaldi justifie la mention « Anglais courant » de son CV en traduisant les propos de la comédienne. Bon alors il bafouillait pas mal, mais c’est normal, la situation était déroutante, puisque la nana parlait en Français. Si, quand même, les téléspectateurs de M6 devaient certainement avoir besoin de traduction lorsqu’elle dit « on m’a craché desssOU ». Castaldi précisa « molardé », Fogiel « dessU, c’est ». Ou « de sucer », je ne sais pas. On comprend alors que la comédienne se soit demandé où elle est tombée. Caustique, Castaldi répondit « sur M6 ». Manifestement, il était venu déposer son CV… pour une autre chaîne. Interrogé sur un possible projet à venir sur M6, il précisa tout de même « Il ne faut jamais dire ‘’fontaine’’ ». Trop tard, il l’a dit. « Qu’est-ce qui vous ferait venir ? » « Plus d’argent. » Après Drucker, on a eu l’occasion de mieux connaitre, à son tour, Benjamin Castaldi.
Ensuite, ce fut la rediffusion de l’entretien où Bertrand Delanoë annonçait en 98 son homosexualité alors que les slogans « les pédés au bûcher ! » résonnaient dans les manifs anti-pacs. Celui qui n’était alors pas encore maire de Paris était très digne.
La pause dignité fut courte, après la pub (mais ne zappez pas, vous pourrez découvrir en exclusivité le nouvel habillage de la chaîne), Jean Dujardin est venu faire sa promo pour un film produit par M6. Et Fogiel : « Honnêtement, c’est un très bon polar », « excellent », « énorme »…
Il était temps de poursuivre la fête avec les « L5 ». Quoi les « L5 » ? Oh, non, pas encore. Bon, de toute façon, elles n’étaient que quatre et Fogiel les a rapidement « libérées ». C’est vrai qu’elles doivent être très occupées, et puis en plus c’est pas à côté le supermarché où dès demain 9h elles vont promouvoir des fromages hollandais. « Tout l’édam de ta vie, en moi ré-u-ni… »
Dans la lignée, on s’est tapé une autre brochette, les stars faites par les émissions de casting de M6. Bon, « libérées » avant même que j’ai le temps de retenir un de leurs noms.
Une autre brochette, ou plutôt des tapas ont renouvelé le plateau : le beauf de l’émission de foot, le blaireau de l’émission de télé-réalité cuisine, la nounou tarée de « Supernanny », la cruche de « Caméra café » et la… euh… Mya Fry de « Popstar ». Quoi Mya Fry ?
Je crois que je me suis assoupi devant "T'empêches tout le monde de dormir".
Je vais aller refaire mon CV.
Et faire gaffe aux endroits où je l’enverrai.
Allez, très, très bonne journée, avec ou sans dépôt de CV.
02:40 Publié dans Chroniques télé radio | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mathieu sicard, chronique, télévision, télé, fogiel, castaldi, blachas
16 novembre 2006
Chronique télé radio :: Tragédie
C'est la voie encore fébrile que je viens vous voir aujourd'hui, puisque je viens vous annoncer une tragédie. Le genre d'événement qui survient sans crier gare et vous foudroie sur place, vous laissant le coeur gros et la rage au ventre, emportant avec lui les espoirs déchus d'un môme qui avait de la tendresse plein les yeux, comme tous les mômes du lycée Paul Vaillant-Couturier d'Argenteuil.
Ce coup de tonnerre, ce séisme, c’est le départ de Gaël de la Star academy. Sans prévenir, soudainement, sans qu’on ne comprenne pourquoi et sans doute sur un coup de tête, Gaël a décidé de quitter le château de carton pâte rose, bleu, vert et rouge. Certainement rassasié de crétinerie et d’enfermement et appâté par un juteux contrat concurrent de Universal-TF1, le spécialiste du flamenco-pop, créneau porteur, s’il en est selon l’avis de l’expert pascal Nègre, a tiré sa révérence (faute de mieux).
L’occasion pour ses ex congénères de larmoyer, moucher, geindre, baver, bref, déployer le meilleur de leur attirail artistique, et pour l’animateur, le Grec Pathos, d’en faire une tonne sur le bouleversement de l’émission. Sur le plan psychologique, l’aventure, tout ça, mais aussi stratégique et, vous allez le voir, économique.
Outre le coup de pub, savamment utilisé dans tous les médias, que le chanteur flamenco hara-kiri offre à la joyeuse bande d’Endemol, la question du jour fût « mais alors, quid des évales ? » La question brûle les lèvres de tous les élèves (qui n’auraient rien contre sauver leurs miches pour une semaine de sursis cadeau) pendant tout le programme, la prod est bouleversée (Endemol pourrait succomber au spectacle auquel s’est donné un pauvre gars qu’elle a choisi de mettre en pâture), et Pathos donne le la en posant le mystère du jour : que va-t-il se passer ? Y aura-t-il des évales cette semaine ?
Bien sûr, pauvre con, qu’il y aura des évales ! Bien sûr que les gamins enfermés dans le château sont de la chair à saucisse qu’on ne va pas laisser faisander ! Bien sûr qu’on va pas se priver de faire appeler des tas de cons de pauvres à très cher la seconde pour qu’ils choisissent qui ils veulent virer ? Chez Nikos, c’est pas l’armé du salut ! Pourquoi pas être digne, tant qu’on y est ?
J’aurais essayé, mais je crois que je ne peux pas.
Très, très bon jeudi à tous, avec ou sans Star’ac.
02:20 Publié dans Chroniques télé radio | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mathieu sicard, chronique, télévision, télé, nikos aliagas, nikos, tf1
12 novembre 2006
Chronique télé radio :: Droit dans le mur
Juste un mot pour vous dire que j’ai regardé avant-hier la Star academy. Enfin, disons que j’ai vu un morceau, au hasard d’un zapping, et ç’aurait été trop dommage de ne pas rester un instant. La Star’ac avait alors toujours été épargnée de mon intérêt télévisuel, mais j’avoue que là, je n’ai pas pu zapper.
Comment vous expliquer ce que j’ai vu de façon sobre. Ils avaient dressé un mur rose bonbon sur lequel étaient accrochés des strapontins desquels pendaient les élèves. Bon, alors là, on peut raisonnablement espérer qu’il y ait une mise en scène réflexive, je ne sais pas, un hommage ou une illustration d’un truc qui aurait trait au rose, ou aux choses qui pendent… on a donc pensé qu’ils allaient chanter la vie en rose, ou peut-être une chanson d’Amanda Lear… et puis non, rien à voir. L’un d’entre eux minaudait un titre du chanteur à minettes prépubères Raphaël (celui de ‘‘sur la route, la la, la la la la…’’) et les autres étaient là, qui pendaient en haut de leurs strapontins vissés sur ce mur rose.
Je ne sais pas qui fait la mise en scène des émissions de la Star academy, mais à ce moment, là, j’ai pensé à Nikos et ses pitreries que je trouvais navrantes. Il est avant tout celui qui assume la vente de tout ça, et réagir à ça… rien que de le faire est une performance.
Bon, c’est aussi un choix.
03:45 Publié dans Chroniques télé radio | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mathieu sicard, chronique, télévision, télé, nikos aliagas, nikos, tf1
15 octobre 2006
Chronique télé radio :: Instant poulailler (in "La nuit des records")
Pour meubler un dîner seul hier soir, j’ai allumé ma télévision un moment et je suis tombé sur une émission très « service public » sur France 2, La nuit des records. Une sorte de recyclage de la version été (je pense que Francetélévisions a du payer les droits très cher, croyant les voler à TF1, et que le groupe public a besoin de les amortir). Aussi, ils se sont dit, on va mettre du lourd, tout le paquet… et finalement, ils ont recyclé le décor du Dancing show –mais si, l’émission présentée par Anthony Kavannah, à qui France 2 a confié tous les programmes de Daniella Lumbroso pour avoir, elle aussi, son noir- ils ont recyclé le décor du Dancing show, donc, qui ne devrait plus trop servir tant les résultats des concours de tango argentin ont passionné les foules en prime time cet été, et ils se sont dit qu’il fallait des présentateurs fédérateurs, talentueux, cultivés et charismatique.
On a donc retrouvé hier soir Olivier Minne et Adriana Karambeu. Et au moment où j’ai allumé ma télé, je vous jure que c’est vrai, Olivier Minne en était déjà à tenter de faire tourner un volatile autour de son doigt. Je ne sais pas quel record (puisque c’était le but de l’émission) il voulait battre, mais je vous jure qu’il s’acharnait à faire tourner un oiseau autour de son doigt. Il penchait d’un coup sa main, et la pauvre bête se retrouvait la tête en bas, mais ne réussissait pas, évidement, à remonter. Il s’est alors employé à la poser à terre (c’est à se demander s’ils ne lui avaient pas cousu les ailes à cet oiseau), sur le dos, échangea trois mots avec le dresseur sur la prodigieuse habileté de ses perroquets –infoutus de voler, donc- et là, je vous jure que c’est vrai, en avançant de quelques pas avec entrain, il a manqué de peu aplatir l’animal, toujours raide à terre.
Alors pour nous prouver que faute d’être adroite, la bête était intelligente, ils nous ont proposé un autre record, le changeage d’emplacement de palets. Je vous explique, sur un plateau au sol (oui, cela en facilitait l’accès pour un oiseau qui ne vole pas), étaient disposés des palets de couleur bariolées dans des emplacements correspondant aux couleurs de chacun. Un peu comme les jeux des enfants où il faut emboîter le carré rouge dans le trou carré et rouge, le rond bleu dans le trou rond et bleu, sauf que là, il n’y a qu’une seule forme. Vous suivez ? Non, parce que même devant l’objet en question, Adriana Karambeu avait fait une pause dans sa tentative de record de garder la même expression figée la bouche en cul de poule pour exprimer son inquiétude face à l’hardiesse de la tâche.
Le record consistait alors à relever le volatile et lui faire repositionner les palets. Mais pour que les télespectateurs d’Olivier Minne et Adriana Karanbeu comprennent bien, ils étaient déjà rangés correctement. On a bien vu que le bleu était sur le bleu, le vert sur le vert, etc. Il fallait donc les mélanger pour que le piaf les remette correctement. C’est à ce moment là qu’Adriana s’est rendue utile (non, en fait, ce n’est pas vrai, son utilité était largement mise en valeur par les cadreurs et le réalisateur tout au long de l’émission). La tâche consistait dans un premier temps, pour Adriana, à mélanger les palets, de façon à ce qu’ils ne soient pas dans le bon emplacement. Appelant à la rescousse Olivier Minne, la chose a tout de même pris quelques dizaines de secondes. Remarquez, le volatile a, lui, mis un bon quart d’heure, grand moment télégénique, mais bon, lui, il était seul. Vous auriez du écouter comment Olivier Minne (voilà entre parenthèse un jeune homme qui a galéré pour revenir à la télévision, après s’être fait piquer son émission par Sophie Davant pour le décrochage quotidien de TéléMémère, il a fait du sport à outrance pour avoir des bras plus larges que mes cuisses, il a supporté Sarah Lelouch dans Fort Boyard, il a tenté de rentrer en communication avec Adriana Karambeu tout au long de l’émission d’hier) vous auriez du écouter Olivier Minne, donc, développer toute sa gouaille et ses talents d’animateur pour meubler un quart d’heure de télévision sur un perroquet qui déplace de petits palets de bois de couleur (c’est très sérieux, un huissier international a fait le déplacement pour vérifier) et avec quel entrain sincère il se montrait captivé par l’action qui se déroulait sous nos yeux.
Un autre volatile a ensuite battu le record de décrochage de clés du porte-clés avec le bec, je ne suis pas resté pour voir le pigeon voyageur sans ailes faire des barres parallèles sans la patte gauche en clignant d’un œil, j’avais fini mes pâtes au quinoa et Adriana s’était à nouveau figée en position bouche en cul de poule.
Très, très bonne semaine, avec ou sans ailes.
03:30 Publié dans Chroniques télé radio | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mathieu sicard, chronique, télévision, nuit des records, perroquet, adriana, karambeu
10 septembre 2006
Chronique télé radio :: Le vrai journalisme
J’ai regardé tout à l’heure la rentrée de Laurence Ferrari sur « Canal » (oui, vous avez remarqué, l’insistance avec laquelle Lolo –appelons-la Lolo- se dit si bien sur « Canal », parce que « nous » à « Canal », on est tellement une famille) j’ai donc regardé Lolo Ferrari sur Canal plus, ce dimanche, dans Dimanche + (admirez toute l’inventivité mise en œuvre pour trouver le titre) et le moins que l’on puisse dire est qu’on remarque le transfert de la présentatrice arrivée de TF1.
Evidement, la chose ne pouvait pas nous échapper tant le couple Hugues-Ferrari, ex jokers de l’info de TF1, s’est exposé depuis le printemps dernier et la placardisation de gentil Thomas au profit de l’opération « mais-non-TF1-n’est- pas-raciste-la-preuve-on-prend-un-remplaçant-issu-des- minorités-visibles ». Gentil Thomas et gentille Lolo avaient alors décidé de quitter le groupe de maçons pour bâtir un avenir meilleur ailleurs. En l’occurrence dans le groupe branchouille-et-irrévérencieux, Thomas-mon-amour, rebelle sans cravate et sans raie sur le côté sur I-télé, et Lolo-mon-cœur, re-belle sur « Canal ». Une nouvelle idylle professionnelle encore plus heureuse.
Alors au cas où cela nous aurait échappé, ce fut jeudi dernier deux heures d’auto-promo pour Lolo et Dimanche + dans le Grand Journal de Denisot, avec Thomas-mon-cœur en duplex de sa nouvelle rédaction pour Lolo-mon-amour qui averti au passage la gourdasse de la météo qu’il faut qu’elle arrête d’ouvrir son décolleté devant Thomas-SON-amour.
Et enfin, la voilà.
Et c’est hallucinant : certainement en prévention des réticences des personnels du Canal historique hostile à une intrusion d’un produit TF1, ils lui ont perché son plateau en l’air, hors de portée humaine. Je vous jure que c’est vrai, elle s’accroche à sa table en équilibre à plusieurs mètres du sol (au moins trois mètres, soit l’équivalent de deux Pujadas les bras levés), on le voit très bien sur les plans larges de Renaud le Van Kim, hallucinant, je vous dis. Je ne sais pas si elle doit grimper une corde à nœuds ou si on la dépose en hélicoptère, mais impossible pour Gaccio de la faire chat-minou, elle est perchée.
Mais pour être honnête, l’émission se distingue aussi par son originalité. Non, non, pas de sarcasme de ma part, vraiment, Ferrari est incisive ce qu’il faut, ne se laisse pas piloter par les politiques qu’elle reçoit et mène ses interview avec respect mais d’une main de fer pour obéir à la promesse de l’émission : expliquer et lever le filtre de la communication qui brouille la vérité entre les hommes et les femmes politiques et les pauvres pommes d’électeurs que nous sommes. Format : un invité spin-doctor et un invité politicien. Ce fut pour cette première le communicant de Sarkozy, apparu comme l’incarnation du mot démagogie, et Dominique Strauss-Kahn, qui accepta de jouer le jeu dans une interview claire, juste et sans concession, mais pris au piège, lui aussi, de l’esbroufe de la communication politicienne. Vous allez voir la perle, calibrée Zapping. On vit ainsi l’ancien ministre dans un reportage demander deux CD au disquaire dont « Zidane il a marqué », « pour [son] petit fils », sinon, je ne peux pas rentrer à la maison plaisanta-t-il. Et hop, explication un peu plus tard, dans un flash back où les journalistes de Dimanche + attendaient DSK dans le couloir de l’immeuble où il a son bureau, micros ouverts, un conseiller du candidat à la candidature lui chuchote de les emmener à la Fnac et de demander « Zidane il a marqué » pour son petit fils. Sûr, ça fait peuple. Mais manqué, on a tout balancé. En plateau DSK assume gentiment d’avoir été pris la main dans le sac de la communication politicienne. Première de Dimanche +, le ton est donné, ‘faut pas se moquer de gentille Lolo, DSK peut essayer de faire peuple, on ne la lui fait plus.
Allez, très, très bon dimanche, à Sarcelle ou dans le seizième arrondissement.
17:35 Publié dans Chroniques télé radio | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mathieu sicard, chronique, télévision, canal plus, dimanche plus, dimanche+, dimanche
09 septembre 2006
Chronique télé radio :: Aparté au mégaphone
Je voulais regarder hier soir la première de Ruquier –qui remplacera désormais Ardisson le samedi soir en deuxième partie de soirée sur France 2- et je me suis trompé. J’avoue avoir hésité dans un premier temps, en tombant sur France 2, puisque manifestement la chaîne avait décidé de nous mettre dans le ton une semaine avant l’arrivée de « on n’est pas couché » en diffusant un spectacle de Jean-Marie Bigard, comme pour adresser une promesse d’humour potache, fin et bon enfant. J’ai donc regardé le sketch du lâcher de salope avant de m’en apercevoir : Laurent Ruquier n’arrivait pas. Ni même Annie Lemoine ou Steevy. Non, Bigard était seul. Vous connaissez le peu de goût que je porte, fils de famille modeste, pour la culture à la télévision, j’ai donc éteint mon poste pour écrire ma chronique, m’apercevant que j’avais totalement oublié de vous parler de la rentrée de « En aparté » sur Canal plus.
Et ç’eut été une grave erreur tant l’émission de Pascale Clark, désormais diffusée quotidiennement en direct, a connu des modifications.
Tout d’abord un petit rappel, le concept de l’émission est une interview, ou plutôt une discussion informelle au cours de laquelle l’invité déambule seul dans un décor d’appartement, on essaie d’effacer les codes traditionnels de la télévision, poussant la création d’un espace d’intimité jusqu’à supprimer le présence de l’animatrice, qui communique avec son invité dans le creux de son oreille par le biais d’un oreillette. Une projet anti-télévisuel par définition qui ravissait ceux qui jugent ses codes rigides, et réussissait, c’est vrai, souvent à créer une conversation comme on en verrait nulle part ailleurs à la télévision tant le dispositif réussissait à entraîner l’invité et nous même dans un espace extra-télévisuel, presque intime.
Eh bien, en cette rentrée, l’intimité de Pascale Clark est pour le moins très visitée. Out l’invité tout seul à l’oreille duquel murmure l’ex plus belle voix de France Inter, il est désormais accompagné d’une armada de chroniqueurs et autres resquilleurs, comme dans toutes les autres émissions de télévision, à cela près que finalement la seule à ne pas s’incruster est… l’animatrice.
Alors qui vient violer ces doux moments que nous partagions à trois (chacun de nous étant le troisième, le voyeur), qui se permet de venir salir de ses gros godillots l’épais tapis de l’appartement ? Que du beau monde, vous allez voir, discret, subtil, voire raffiné, puisque par exemple le très modeste et très peuple écrivain Nicolas Rey qui écrivait, je cite « Ecrire est un métier aussi dégoûtant qu'un autre. Un métier où plus personne n'a le choix. Il faut aller aux signatures. Il faut faire semblant d'écouter les gens qui te parlent de tes livres sans tirer à balles réelles sur qui que soit », Nicolas Rey, donc, vient nous expliquer ce que c’est la culture et ce qu’il faut lire ou aller voir. Les journalistes d’I-télé eux aussi ont décidé de quitter les locaux de leur chaîne pour élire domicile dans l’appartement pour faire le journal de la mi-journée (c’est pas possible, ils doivent avoir mis des strip-teausers(ses) entièrement nus et oints de Nutella et distribuant des liasses de billets de 500 en sifflant dans des appeaux spéciaux). Mais l’intrusion la plus improbable dans l’appartement est certainement celle de la très distinguée Mademoiselle Agnès –ex-gourdasse météo de « Nulle part ailleurs » reconvertie en spécialiste mode depuis que Canal plus est morte. Comment vous décrire cette femme… disons qu’au grand classement des personnalités classe, elle se trouve juste derrière Xavière Tibéri (et son rouge à lèvre sur les dents) et Carole Rousseau (l’animatrice de l’émission où une femme vient dire à son mari qu’elle le quitte car il est devenu paraplégique), et loin, très loin de Kristin Scott-Thomas. Le jour de sa première, Mademoiselle Agnès nous a présenté pour sa chronique « Art de vivre » la nouvelle chose tendance dont chacun doit se prémunir : la culotte faux fessier qui ferait le cul d’un éléphant à n’importe quelle anorexique de chez Chanel. D’un sens, présenter un faux-cul le jour où l’invité est Arnaud Klarsfeld –qui je vous le rappelle, nommé par Sarkozy, avait promis qu’on n’expulserait pas les gamins de Cachan… avant de les mettre dans des charter- franchement, je me demande si Mademoiselle Agnès ne tentait pas la subtilité.
Allez, très, très bon week-end, avec ou sans fausses fesses (parce qu’après tout, on n’est pas obligé, en vrai).
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06 septembre 2006
Chronique télé radio :: Un Pernaut, sinon rien
Un mot aussi sur le décor des JT de TF1, qui a changé aussi, alors là, c’est subjuguant, ils donnent le même plateau à Pujadas, il se perd. Le plateau fait un peu plus de cinq hectares, ils ont ajouté des tables en forme de gouttes de trente mètres de part et d’autre du traditionnel desk en triangle. Un écran géant aussi, à droite du présentateur comme sur France 2, et qui y est tout aussi utile, et puis, dans la course au moderne, au hi-tech-coco, tous les fonds du décor sont… des fonds neutres, comme pour la météo, et comme à la télé albanaise de la fin des années 70. M6 avec le 12.50 avait chouré l’idée du décor à Roger Giquel il y a 35 ans, et voila que la première chaîne de télévision d’Europe pille les cerveaux des décorateurs de BFM-TV, en revisitant le décor tout en toc. De là à faire un parallèle avec le traitement de l’info…
Et puis même pas de grande arche… mais notre panda préféré, JPP, Jean-Pierre Pernaut qui revient, visiblement pas à son aise au milieu de ses cinq hectares, dès le lendemain, mardi, il se sentira à nouveau plus dans son environnement dans son traditionnel cadrage serré au ras de la tête. Grands changements éditoriaux aussi, puisqu’on a changé l’effet de transition pour passer de la bobine réjouie du Jean-Pierre au premier titre de la journée, la météo, visiblement immuable avant les sujets d’investigations sur la rentrée des tout-petits, les impôts, les PV, et un concours de crachat d’olives, suivi d’une promo maison pour l’œuvre d’un staracademycien.
On attendait les révolutions des décors des plateaux de JT, et finalement, ce qui nous avait le plus manqué, c’était notre petit panda.
Allez, très, très bonne soupe, avec ou sans Pernaut.
Et puis pour ceux qui n’en auraient pas dormi, le record du crachat d’olive, c’est 21,32m.
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