09 septembre 2006

Chronique télé radio :: Aparté au mégaphone

medium_en_aparte_canal_.pngJe voulais regarder hier soir la première de Ruquier –qui remplacera désormais Ardisson le samedi soir en deuxième partie de soirée sur France 2- et je me suis trompé. J’avoue avoir hésité dans un premier temps, en tombant sur France 2, puisque manifestement la chaîne avait décidé de nous mettre dans le ton une semaine avant l’arrivée de « on n’est pas couché » en diffusant un spectacle de Jean-Marie Bigard, comme pour adresser une promesse d’humour potache, fin et bon enfant. J’ai donc regardé le sketch du lâcher de salope avant de m’en apercevoir : Laurent Ruquier n’arrivait pas. Ni même Annie Lemoine ou Steevy. Non, Bigard était seul. Vous connaissez le peu de goût que je porte, fils de famille modeste, pour la culture à la télévision, j’ai donc éteint mon poste pour écrire ma chronique, m’apercevant que j’avais totalement oublié de vous parler de la rentrée de « En aparté » sur Canal plus.

Et ç’eut été une grave erreur tant l’émission de Pascale Clark, désormais diffusée quotidiennement en direct, a connu des modifications.

Tout d’abord un petit rappel, le concept de l’émission est une interview, ou plutôt une discussion informelle au cours de laquelle l’invité déambule seul dans un décor d’appartement, on essaie d’effacer les codes traditionnels de la télévision, poussant la création d’un espace d’intimité jusqu’à supprimer le présence de l’animatrice, qui communique avec son invité dans le creux de son oreille par le biais d’un oreillette. Une projet anti-télévisuel par définition qui ravissait ceux qui jugent ses codes rigides, et réussissait, c’est vrai, souvent à créer une conversation comme on en verrait nulle part ailleurs à la télévision tant le dispositif réussissait à entraîner l’invité et nous même dans un espace extra-télévisuel, presque intime.

Eh bien, en cette rentrée, l’intimité de Pascale Clark est pour le moins très visitée. Out l’invité tout seul à l’oreille duquel murmure l’ex plus belle voix de France Inter, il est désormais accompagné d’une armada de chroniqueurs et autres resquilleurs, comme dans toutes les autres émissions de télévision, à cela près que finalement la seule à ne pas s’incruster est… l’animatrice.

Alors qui vient violer ces doux moments que nous partagions à trois (chacun de nous étant le troisième, le voyeur), qui se permet de venir salir de ses gros godillots l’épais tapis de l’appartement ? Que du beau monde, vous allez voir, discret, subtil, voire raffiné, puisque par exemple le très modeste et très peuple écrivain Nicolas Rey qui écrivait, je cite « Ecrire est un métier aussi dégoûtant qu'un autre. Un métier où plus personne n'a le choix. Il faut aller aux signatures. Il faut faire semblant d'écouter les gens qui te parlent de tes livres sans tirer à balles réelles sur qui que soit », Nicolas Rey, donc, vient nous expliquer ce que c’est la culture et ce qu’il faut lire ou aller voir. Les journalistes d’I-télé eux aussi ont décidé de quitter les locaux de leur chaîne pour élire domicile dans l’appartement pour faire le journal de la mi-journée (c’est pas possible, ils doivent avoir mis des strip-teausers(ses) entièrement nus et oints de Nutella et distribuant des liasses de billets de 500 en sifflant dans des appeaux spéciaux). Mais l’intrusion la plus improbable dans l’appartement est certainement celle de la très distinguée Mademoiselle Agnès –ex-gourdasse météo de « Nulle part ailleurs » reconvertie en spécialiste mode depuis que Canal plus est morte. Comment vous décrire cette femme… disons qu’au grand classement des personnalités classe, elle se trouve juste derrière Xavière Tibéri (et son rouge à lèvre sur les dents) et Carole Rousseau (l’animatrice de l’émission où une femme vient dire à son mari qu’elle le quitte car il est devenu paraplégique), et loin, très loin de Kristin Scott-Thomas. Le jour de sa première, Mademoiselle Agnès nous a présenté pour sa chronique « Art de vivre » la nouvelle chose tendance dont chacun doit se prémunir : la culotte faux fessier qui ferait le cul d’un éléphant à n’importe quelle anorexique de chez Chanel. D’un sens, présenter un faux-cul le jour où l’invité est Arnaud Klarsfeld –qui je vous le rappelle, nommé par Sarkozy, avait promis qu’on n’expulserait pas les gamins de Cachan… avant de les mettre dans des charter- franchement, je me demande si Mademoiselle Agnès ne tentait pas la subtilité.

Allez, très, très bon week-end, avec ou sans fausses fesses (parce qu’après tout, on n’est pas obligé, en vrai).