20 juin 2007

Chronique télé radio :: Madame, monsieur, bonsoir...

1e02afd7800cc1fd1d31b54ab105a235.jpgJ’ai regardé ce soir le journal de 20h de TF1. Et je ne pouvais pas ne rien en dire. D’abord parce que c’était exceptionnel, avec actu en 10 minutes et trois quart d’heure d’entretien du Président de la République. Le Président de la République. Je ne sais pas vous, mais moi, je pense toujours à Chirac. Un réflexe. Il faut s’habituer. Et puis je n’allais pas louper cet entretien alors que le teaser sur le site de TF1 était alléchant puisque la vidéo de l’interview était titrée « Sarkozy et la partie la plus confortable de son anatomie ».

Une heure entière de direct à l’Elysée, oui madame, dans les beaux salons dorés de la République. Et en « exclusivité », donc, sur TF1. Sur TF1. Il parait qu’Arlette Chabot s’est retirée en pèlerinage à Romorantin et que David Pujadas a fait l’acquisition d’une corde et d’un escabeau. Oui, pas un tabouret, il est pas très grand Pujadas. Tiens, sans transitions, j’ai remarqué un truc, c’était épatant, tous les meubles de l’Elysée ont été sciés. Je vous jure que les pieds des fauteuils et du bureau ne dépassaient pas 30 centimètres. Poivre avait les genoux au niveau des yeux.

Pour parler un peu du fond, je voudrais féliciter Alain Peyrefitte pour sa nomination à la direction de la rédaction de TF1. Je ne l’avais pas su, mais je l’ai aussitôt deviné en voyant Poivre et Chazal à l’Elysée plutôt qu’à TF1. Et puis les Church brillaient. Claire Chazal, ex-Balladurolâtre, en extase devant Sarkozy après 12 ans d’occupation chiraquienne. D’alternance, en somme. Et un Président rassembleur, pragmatique (c’est le mot intelligent pour dire politique de comptoir) et dynamique ! Un sportif, ce Président ! Tellement qu’il nous a gratifié d’un beau lapsus. S’essayant au Latin, ça a été plus fort que lui, il a dit refuser les attaques « ab dominem ».

Le Président nous a aussi offert une autre approximation sonore. Lorsque Chazal l’interrogeait sur la réforme des institutions et le problème de la nécessité de l’unanimité pour les décisions entre pays européens, le souvenir raide du « non » à la constitution, encore douloureux, le Président ajoute (pendant que Chazal parle encore), « Et puis il y a la double pénétration, aussi ! ». Gros blanc. En fait, il a dit la double pondération, mais à deux voix, je vous jure, que c’est pas mon esprit pervers, on a entendu autre chose.

Un dernier accroc aussi, avec Poivre, cette fois, qui a décrit son arrivée au G8 comme « un petit garçon entrant dans la cour des grands ». Sarkozy, glaçant, a apprécié la remarque « aimable » et, piqué, remet le présentateur à sa place, contraint à l’allégeance. Là, je vous jure que c’est vrai, Poivre lui a fait un doigt d'honneur.

Ah, pour la « partie la plus confortable de son anatomie », Nicolas Sarkozy voulait parler de ses fesses. Comme ça, on le sait. Et puis on n'est jamais si bien servi que par soi-même. Encore que... 

Très, très bonne fin de semaine à tous, confortablement installés ou pas.